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Micro-Folie de Brindas : la culture sous toutes ses formes

Les Micro-Folies sont un modèle de musée numérique de proximité porté par le ministère de la Culture et coordonné par La Villette. La première a ouvert en 2017 à Sevran et le réseau compte aujourd’hui 596 établissements en France. Elles permettent de rendre l’art plus accessible grâce à une base de données consultable composée de plus de 5 000 œuvres issues de musées en France et dans le monde entier. Elles sont obligatoirement accompagnées d’un fablab, d’un espace de réalité virtuelle, ou d’un café-folie avec une ludothèque.


Flavien Hubert travaille à la Micro-Folie de Brindas, dans le Rhône. Je lui ai posé quelques questions sur son métier, les possibilités offertes par ce dispositif et la place essentielle qu’y occupe la médiation culturelle.


Depuis ton arrivée à la Micro-Folie de Brindas, qu’est-ce qui t’a le plus marqué, dans le lieu ou dans tes missions ?

Pour la surprise je dirais le champ des connaissances concernées. Ce n’est pas seulement des œuvres d’art : c’est la culture sous toutes ses formes. On ne se limite pas qu’à une culture très classique (sculpture ou peinture) : il y a aussi les jeux vidéo, les documentaires, les films, l’opéra ou encore l’art vivant. Cette richesse de possibilités passe non seulement par la manière de la présenter, mais aussi par le fait d’agir et de pratiquer l’art en général.


 La Micro-Folie de Brindas, photo Flavien
La Micro-Folie de Brindas, photo Flavien
Quels projets ou initiatives pourriez‑vous développer à la Micro-Folie de Brindas pour renforcer sa présence et son impact dans la région ?

Je pense personnellement que la première étape serait d’accueillir un micro-festival à Brindas, ensuite de collaborer avec d’autres Micro-Folies de la région, et enfin d’organiser des événements par la suite (si on peut rêver bien sûr) grâce à l’aide de la région. Cela permettrait de créer de futurs partenariats avec des institutions lyonnaises renommées et de renforcer l’image de Brindas dans le paysage lyonnais.


Comment présenterais-tu la Micro-Folie à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler ?

La Micro-Folie est avant tout un centre culturel de proximité. Elle s’appuie sur un musée numérique, qui est son outil principal et qui permet de voir des œuvres d’art du monde entier, mais ne se limite pas qu’à cela. On y trouve aussi des mallettes pédagogiques, des cafés-débats, de la réalité virtuelle, des conférences et des temps d’échange par exemple.


Espace de réalité virtuelle, photo Flavien
Espace de réalité virtuelle, photo Flavien
Penses-tu que la Micro-Folie peut réconcilier des publics qui n’osent pas entrer dans un musée, en leur proposant un lieu culturel plus accessible ?

Oui, mais cela dépend du contexte. La Micro-Folie est une forme très hybride, qui varie selon les lieux, les territoires et les publics. Sa principale force repose sur la médiation humaine. Contrairement aux musées traditionnels, souvent plus codifiés, la Micro-Folie s’appuie sur des médiateurs aux parcours variés. Cette diversité permet d’adapter les formats, les discours et les activités, et de proposer un rapport plus libre et accessible à la culture.


Le réseau national des Micro-Folies semble créer de l’émulation entre les différents lieux. Comment se manifeste-t-elle ?

Le réseau des Micro-Folies repose sur une plateforme collaborative qui permet aux équipes de partager des médiations, des séances et de poser des questions.

Ce réseau est vivant, solide et très accueillant. La Villette met un point d’honneur à respecter et à valoriser les médiateurs, ce qui crée un cadre de travail agréable où chacun peut partager ses idées et ses expériences. Même si le dispositif existe depuis 2017, le réseau continue d’évoluer grâce aux retours des médiateurs et des publics, avec des mises à jour et de nouvelles propositions régulières.

D’autre part, tous les lieux qui se lient d’une manière ou une autre aux activités d’une Micro-Folie ne peuvent être que gagnants, car le rassemblement de plusieurs entités qui œuvrent dans un but commun permet une résonance efficace, preuve en est avec GIGA Folie.


Y a-t-il un moment où tu t’es senti particulièrement utile d’avoir aidé un public à découvrir ou apprécier les contenus de la Micro-Folie ?

Dans la Micro-Folie où je suis, la séance qui m’a le plus marqué a été organisée en lien avec la médiathèque voisine, ce qui a permis une vraie synergie entre nos équipes. Nous avons proposé une séance autour de Batman : mon collègue a présenté les origines du personnage, tandis que j’ai abordé sa dimension artistique et ses liens à l’art sous toutes ses formes.

Même si nous avons eu peu de présences, les échanges ont été riches et les questions très investies. Cette séance m’a particulièrement plu pour la qualité de l’échange et de la découverte partagée.

 

Un musée numérique, mais surtout un lieu de médiation

En conclusion, les Micro-Folies apparaissent comme un dispositif culturel innovant permettant de renouveler l’image du musée traditionnel. À travers l’exemple de celle de Brindas et le témoignage de Flavien Hubert, on comprend que ces lieux ne se limitent pas à la diffusion d’œuvres numériques, mais qu’ils favorisent aussi l’échange, la médiation et la pratique culturelle. Elle rapproche l’art et la culture des publics éloigné grâce à un format, plus libre, inclusif et accessible capable de s’adapter aux territoires en vue de partager la culture.

 
 
 

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